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Prostitution des mineurs en forte hausse : mieux comprendre le phénomène

La prostitution des mineurs est une réalité qui fait froid dans le dos : 7 à 10 000 mineurs se livreraient à la prostitution en France. Pour lutter contre ce phénomène, le gouvernement a lancé un plan national et une campagne de communication à grande échelle. Dans les Alpes-Maritimes, une réflexion conjointe avec les représentants de l’État, les acteurs associatifs, le Département, et d’autres institutions, a débuté le 10 mai dernier, afin de réaliser un diagnostic de la situation sur le territoire.

16 juin 2023

La prostitution des mineurs, un phénomène en expansion !

Les études publiées depuis 2021 font état d’un phénomène en constante augmentation : en 2020, environ une victime de proxénétisme
de nationalité française sur deux à moins de 18 ans. Et les proxénètes ne sont pas beaucoup plus âgés.

 

 

 

Que faire face à ce constat ? Le plan national de lutte contre la prostitution des mineurs a fixé cinq priorités :
– Sensibiliser, informer et mieux connaitre,
– Renforcer le repérage,
– Accompagner les mineurs en situation
de prostitution,
– Poursuivre et réprimer plus efficacement,
– S’organiser pour répondre aux défis.

Pourquoi réaliser un diagnostic dans le département des Alpes-Maritimes ?
Parce que nous avons besoin de mieux connaître et mieux comprendre les caractéristiques spécifiques du phénomène sur notre territoire, pour mieux sensibiliser les jeunes aux risques et former les professionnels.
Plus de 80 personnes assistaient le 10 mai au lancement des travaux du diagnostic piloté par ALC, en présence de Madame la Sous-Préfète Patricia Valma : acteurs de l’Aide sociale de l’enfance (ASE), de la Protection Judiciaire de la jeunesse (PJJ), des tribunaux judiciaires, de la police, de la gendarmerie, de l’Education nationale, de la santé, des collectivités. Leur participation était à l’image de la préoccupation grandissante des professionnels.
Ils ont été invités à répondre à des questionnaires sur mesure, développés par ALC. Les résultats de ces derniers permettront d’en savoir plus sur l’ampleur du phénomène mais aussi sur le profil des victimes, dans le respect de la RGPD.
En parallèle, des ateliers réunissant des jeunes accueillis dans les services d’ALC sont organisés. Ils pourront échanger sur leur perception de la prostitution, mais aussi sur le rapport au corps et à sa marchandisation.
Les délais sont courts : rendu des questionnaires avant le début de l’été. Mais les données doivent être collectées rapidement afin de pouvoir en savoir plus dès que possible.

 

Deux questions à Natacha Himelfarb, Directrice Territoriale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) des Alpes-Maritimes :

 

Pourquoi c’est important de faire ce diagnostic ?

Parce que la prostitution des mineurs est un phénomène en constante augmentation dans nos établissements et services, sans que l’on puisse objectiver de quoi on parle. Mais aussi parce que les pratiques des professionnels PJJ doivent évoluer, afin que cette question soit systématiquement abordée, quel que soit le genre du jeune accompagné.

 

La PJJ va-t-elle répondre présente ?

Oui, bien sûr ! C’est une priorité. Nous voulons aussi être partie prenante de l’après-diagnostic, afin d’agir concrètement sur la prévention, sensibilisation, protection des jeunes. Nous comptons faire appel à l’expertise d’ALC en matière d’accompagnement des personnes en situation de prostitution ou victimes de traite des êtres humains, pour former nos professionnels