Protéger les familles hébergées en hôtel

Chaque nuit, grâce au service des Places d’Accueil d’Urgence d’ALC, environ 800 adultes et 600 enfants sont hébergés dans des hôtels : mieux que de dormir à la rue, mais dur à vivre s’il n’y a pas de sortie en vue. Quatre travailleurs sociaux s’activent pour les suivre. Depuis trois ans, Adrien Pilato assure ce travail « très crevant, et très passionnant ». Témoignage.

15 novembre 2021

« Nous sommes sollicités par des travailleurs sociaux pour loger en hôtel des personnes qui ne peuvent rester dans leur logement ou leur hébergement : des malades sortants d’hôpital, des futurs expulsés, des demandeurs d’asile sans place dans un centre spécialisé …. Conformément à la loi, le service pratique un accueil inconditionnel.

Ensuite, je dois suivre la situation de ces personnes. Elles sont accompagnées pour faire les démarches indispensables par le travailleur social qui les a orientées vers nous. Je m’assure que rien n’est omis : demande de logement social, présence aux rendez-vous si elles bénéficient du RSA, scolarisation des enfants… J’échange ces informations avec les services sociaux extérieurs.

J’oriente les étrangers vers la Maison des Solidarités Départementales s’ils ont des enfants, vers un hôpital si besoin et vers les associations caritatives spécialisées qui les aident pour l’alimentation et les démarches à la Préfecture.
Les demandes sont toujours imprévues et urgentes. En arrivant au bureau, je ne sais pas ce qui m’attend. Nous nous sommes organisés pour faire face aux pics d’appels (tôt le matin, puis vers midi, puis en fin d’après-midi), nous échangeons sur les situations bloquées, et nous enregistrons tout sur un tableau Excel : avec plus de 500 ménages à suivre, qui peuvent changer d’un jour à l’autre, il ne faut rien oublier !

Je connais bien certains ménages, je les suis depuis trois mois, mais d’autres, non. Je vais dans les hôtels, 4 fois ou 20 dans un mois selon les besoins, pour rencontrer ceux dont la situation semble bloquée ou le comportement pose problème, et j’en profite pour échanger avec les autres hébergés. »

Les nuitées hôtelières qu’ALC peut accorder sont limitées par les crédits de l’État. Pour que d’autres ménages puissent être accueillis, il faut s’assurer que les hébergés s’inscrivent effectivement dans une recherche de logement et de ressources. En cas de manquement grave de leur part, l’hébergement en PAU n’est pas renouvelé.

« C’est une mesure extrême, dit Adrien : nous en débattons entre travailleurs sociaux, mais heureusement, la décision finale revient à la hiérarchie. Mon travail a un côté épuisant nerveusement, car il faut n’oublier aucun ménage, faire plusieurs choses à la fois, vite et bien. Mais il est passionnant, car je fais tout mon possible, et c’est un travail pour l’humain ».

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