Rompre avec la délinquance et l'exclusion

À sa création en 1911, notre association se consacrait à la prise en charge de personnes sous main de justice. Fidèle à ce projet originel, la Plate-forme Justice Béthanie, poursuit cette mission d’accompagnement socio-éducatif.

29 septembre 2022

Rencontre avec Karine Tevelle, cheffe du service :

 

Quelle est la mission de ce service ?

La plate-forme Justice travaille à la réinsertion sociale et professionnelle des personnes qu’elle accompagne. Sa particularité est de prendre en charge des hommes et des femmes placés sous main de justice ou sortant de détention. Elle travaille en partenariat étroit avec le Service Pénitentiaire d’Hébergement et de Probation.
Les caractéristiques de ce public nécessitent un accompagnement global renforcé. Beaucoup sont en situation de récidive et étaient déjà en rupture précédemment, avec des problèmes d’addiction, d’hébergement, des difficultés psychiatriques.

 

Face à autant de difficultés, quels moyens mettez-vous en œuvre ?

Notre force, c’est d’être dans une approche globale grâce à une équipe pluridisciplinaire rassemblant éducateurs spécialisés, assistants sociaux, conseillère en économie sociale et familiale, infirmière et référente santé, conseiller en insertion professionnelle et encadrants techniques de chantiers.

Ainsi, nous pouvons proposer des solutions d’hébergement d’urgence, assurer des mesures d’accompagnement vers le logement, favoriser la réinsertion par le travail, en coopération avec les activités de réadaptation vers l’emploi (AAVA) et les chantiers d’insertion.

Notre force, c’est aussi d’intervenir en amont, en partenariat avec la Justice, en assurant des permanences en Maison d’arrêt, en préparant des aménagements de peine en vue de prévenir la récidive.

 

Combien de personnes sont suivies chaque année par ce service ?

Ce sont près de 150 personnes qui sont accompagnées : 100 détenus rencontrés, 50 personnes mises à l’abri, 40 aménagements de peine réalisés qui sont suivis chaque année.

Mais au-delà des chiffres, notre bilan s’incarne dans des parcours individuels. Je me souviens de Kévin* qui a connu plusieurs incarcérations, avec une addiction à l’alcool.
Après un suivi de plusieurs mois en détention, il bénéficie d’un placement extérieur, avec hébergement et termine sa peine dans notre structure. Il est aujourd’hui en CDI dans une grande surface.

Autre parcours, celui de Loïc*, condamné pour violences, qui réside maintenant en logement social et a renoué avec ses enfants.

*Les prénoms ont été modifiés.

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